Vendredi 30 janvier 2009
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L’heure est au changement ! Pas un mois sans que n’arrive sur le devant de la scène de nouvelles contraintes, de
nouvelles variations de cours de matières, de nouvelles réglementations. Mondialisation, c’est bien connu, rime avec adaptation.
Le « modèle occidental » et les entreprises qui en sont issues ne font plus la loi sur le marché mondial. Changement, évolution, adaptation, voire dans certains cas transformation, sont devenus
une nécessité vitale.
Encore faut-il savoir changer sans se perdre. C’est pourtant ce qui arrive parfois aux entreprises qui, comme la feuille au vent, croient que pour se transformer ou s’adapter, mieux vaut oublier
ses racines ! Elles deviennent alors des proies faciles, et nombre de rachats d’entreprises, sont, quand on les analyse, la conséquence d’une telle « perte d’âme » et non sa cause.
L’histoire de l’entreprise : un creuset où recueillir des richesses insoupçonnées
Pourquoi chercher dans des modèles extérieurs ce qui existe dans notre mémoire ? Toute entreprise qui a aujourd’hui plus de vingt ans a forcément connu des périodes d’adaptation, de changement,
plus ou moins dures et brutales. Ces changements importants, les salariés ont trouvé des capacités pour s’y adapter.
Recyclons les ressources que ces périodes ont révélées, comme celles qui ont permis des expériences réussies. Utilisons la façon dont l’entreprise a su surmonter les échecs. Appuyons-nous sur des
personnalités marquantes qui ont imprimé leur marque à l’entreprise. Au-delà, identifions les façons d’être, de se comporter, de faire, et finalement les valeurs fortes qui émergent du vécu des
salariés et qui fondent l’identité de l’entreprise — ce que l’on appelle sa culture — pour faire en sorte que ces éléments deviennent des facteurs conscients de progrès.
Histoire et culture comme outils de management
Ainsi, au lieu de faire « malgré » la culture ou le poids du passé, les managers peuvent-ils, un peu à la manière d’un pratiquant d’aïkido, utiliser cette force pour donner de l’élan à
l’entreprise. En s’inscrivant dans la durée, l’entreprise retrouve du « sens » — le sens de l’histoire — mais aussi sa raison d’être, ce qu’elle apporte à la société. Les valeurs partagées
qu’illustre son histoire, renforcent ce « sens » et développent un sentiment d’appartenance. Voilà une entreprise pour laquelle on a envie de donner son enthousiasme, de mobiliser son
énergie ! Des énergies qui s’additionnent : l’histoire montre bien que chacun est acteur de la réussite de l’entreprise : c’est une façon de responsabiliser davantage les salariés… et de mieux
intégrer les nouveaux embauchés.
Enfin, la pérennité de l’entreprise, malgré les vicissitudes et les difficultés qu’elle a affrontées au fil des ans, n’est-elle pas de nature à redonner confiance aux collaborateurs désorientés
par des changements trop souvent subis ?
Recycler ces ressources souvent méconnues pour bâtir sa stratégie
L’entreprise à tout à gagner à s’appuyer sur ces ressources pour évoluer et se développer, pour préparer les évolutions : l’histoire permet de préparer l’avenir. Elle aide à mettre en évidence
les leviers sur lesquels l’entreprise pourra s’appuyer, comme les freins qui peuvent contrecarrer les évolutions envisagées. Un nécessaire travail de réflexion pour identifier les « intentions
positives » de ces freins, la façon dont ils s’expriment, les critères qu’ils cherchent à satisfaire et qui sont peut-être, eux, parfaitement légitimes donnera des clés pour anticiper et traiter
oppositions ou résistances qui peuvent handicaper les projets.
Les valeurs effectives, et non celles qui sont énoncées par « principe » ou par effet de mode, sont une réalité profonde qui sert toujours de terreau à l’entreprise.
Quelles valeurs faire évoluer pour mieux faire face aux nouveaux défis ? Lesquelles cultiver, au contraire, parce qu’elles sont porteuses de l’énergie nécessaire au changement ? Comment s’y
prendre ? L’histoire et sa lecture à travers le prisme de la culture de l’entreprise donnent encore des pistes de réponses concrètes, pratiques et spécifiques, donc adaptées, à chaque
entreprise.
Par Jeanne Leboulleux-Leonardi
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Publié dans : Histoire
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