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« La religion est l’opium des peuples », disait Karl Marx.
Aujourd’hui, on a envie de le paraphraser : « La bourse est l’opium de l’économie ». Les derniers soubresauts boursiers semblent en effet illustrer cette maxime. Hier, les marchés étaient en
pleine euphorie. Les investisseurs se réjouissaient : l’Europe est sauvée !
Mettons-nous à la place des spéculateurs : d’une certaine façon, l’Europe vient de s’engager à garantir les emprunts des pays les plus mal en point grâce aux impôts des pays dont l’économie est la plus florissante (car les ressources des Etats, quelles qu’en soient l’habillage, ne sont en finale constituées que des prélèvements réalisés sur les particuliers et les entreprises). Quelle aubaine ! Prêtons aux pauvres et les riches s’engagent à nous rembourser ! On comprend qu’il y ait quelques réticences du côté du pays le plus solide de l’Europe.
Certes, les plus nécessiteux ont par nature besoin d’argent et cherchent à emprunter. Encore faut-il que ces emprunts soient garantis par un vrai engagement de travail, de création de richesse … bref, d’investissement, et non engloutis dans le gouffre sans fin des “avantages acquis”.
Depuis quelques décennies, les plans sociaux des entreprises en difficulté faisaient rebondir leurs actions. Aujourd’hui, ce sont les plans sociaux des Etats qui provoquent le rebond des titres. Où sont donc les vrais critères de réussite économique ? Car les Etats européens semblent tous malades à un stade ou un autre : pays vieillissants, usés, engourdis dans une fausse sécurité et paralysés par les peurs. Qui peut aujourd’hui affirmer que les fondamentaux européens sont sains ?
Nous ne pouvons qu’inciter nos clients à ne pas se faire prendre au miroir aux alouettes européen, mais au contraire à passer de “l’autre côté du miroir”, car “à l’Est, il y a du nouveau”. La croissance des pays asiatiques s’appuie sur des éléments simples : de vrais besoins, du dynamisme, de la volonté et du travail. On avait presque oublié que cela existait ! Est-ce si “politiquement incorrect” de le dire ?