“ La société de défiance est une société frileuse, gagnant-perdant : une société où la vie commune est un jeu à somme nulle, voire à somme négative (si tu
gagnes, je perds) ; société propice à la lutte des classes, au mal vivre national et international, à la jalousie sociale, à l’enfermement, à l’agressivité de la surveillance mutuelle. La société
de confiance est une société en expansion, gagnant-gagnant, une société de solidarité, de projet commun, d’ouverture, d’échange, de communication.”
Alain Peyreffite, La Société de Confiance, Paris — Odile Jacob — 1995
Douze ans après ces mots d’Alain Peyreffite, deux ouvrages sont parus fin 2007 autour du thème de la confiance — ou plutôt de la défiance — dans notre société française.
Le premier, écrit par deux chercheurs —
Yann Algan et
Pierre Cahuc —, dresse un constat
accablant : la France est devenue une
société de la défiance, et quand on la compare aux autres pays, on ne peut rester indifférent devant la profondeur de la crise de confiance que
trahissent les réponses données par les Français à quelques questions anodines comme “A votre avis, faut-il être malhonnête pour réussir ?”. Construit à partir de l’étude comparative des
réponses d’échantillons de population de différents pays du monde aux mêmes séries de questions, reposées année après année, l’ouvrage de Yann Algan et Pierre Cahuc tente d’analyser les “points
d’inflexion” qu’ils discernent dans cette montée de la défiance. Ils en proposent
une analyse sociopolitique.
Jean-Philippe Delsol prend un autre parti, dans un livre très documenté et foisonnant : partant du même constat —
même s’il est moins quantifié —, il propose une analyse plutôt
centrée sur la complexité accrue de notre société mondialisée. Et surtout, il tente, comme il l’indique en sous-titre, de
dégager une “alternative libérale et chrétienne” pour (re)construire une société de la confiance.
Dans le cadre des
Cahiers Jules Verne de l'Intitut de Locarn, Jeanne Leboulleux-Leonadi
et Jacques Arnol-Stéphan ont voulu proposer non pas une synthèse, mais un “résumé composé” de ces deux ouvrages.
Nous vous proposons
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